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Les yeux dans l’eau

21 janvier au 20 mars 2021

Artistes

Foreman : Kelly Jaclynn Andres, Tania Love, Maude Deslauriers, Gaëlle Elma

Sporobole : Caroline Monnet & Ludovic Boney

Commissaire

Geneviève Wallen

Survol
Présentée en collaboration avec le Centre en art actuel Sporobole, Les yeux dans l’eau s’intéresse aux dimensions riveraines à la source de la configuration identitaire de la Ville de Sherbrooke. Cette exposition s’inspire de la géolocalisation de la Galerie d’art Foreman de l’Université Bishop’s à Lennoxville, et le Centre en art actuel Sporobole, situé au centre-ville de Sherbrooke. Établis sur le territoire traditionnel et non cédé du peuple Abénakis et au croisement des Rivières St-François, Magog et Massawippi, les arrondissements du centre-ville de Sherbrooke et de Lennoxville sont bordés de toutes parts par des cours d’eaux porteurs d’histoires et de rencontres inter-espèces. La mémoire de ces rivières est imprégnée de récits socio-naturels enchevêtrés avec la colonisation des terres et des eaux.

Les œuvres sélectionnées de Kelly Jaclynn Andres, Maude Deslauriers, Gaëlle Elma, Tania Love, Ludovic Boney et Caroline Monnet démontrent que les étendues d’eau en milieu urbain font partie d’une arène complexe de création de mondes interconnectés. Les récits évoqués dans les œuvres s’ancrent dans une panoplie de contextes qui, à première vue, peuvent sembler éclectiques. Une trajectoire se dessine peu à peu, reliant un petit étang desséché à Nevis en Alberta aux rivières bordant l’île de Montréal, proposant un détour à Almonte en Ontario tout en suivant les sillons des rues de Toronto, jusqu’à inclure les vapeurs d’eau provenant d’un trou noir situé à plus de douze milliards d’années-lumière de la terre. Une approche interdisciplinaire de l’eau permet d’examiner son rôle dans l’imaginaire humain. Cette exposition cherche à mettre en relief des relations créées avec et par l’eau, et tout ce qu’elles comportent d’échanges inter-espèces, interplanétaires, translocaux et transcorporels. L’eau recueille des récits d’expériences humaines, traverse des écosystèmes, contient des polluants, s’infiltre dans nos maisons, connecte la terre à la flore et la faune, berce les âmes et nourrit les corps. Tout en traversant le temps et l’espace, l’eau est un oracle qui puise des connaissances pour les générations à venir.

Artistes
Kelly Jaclynn Andres est une artiste interdisciplinaire basée en recherche-création, dont le travail s’incarne dans des installations, des événements, des performances et des expériences sensorielles. Son approche se situe au croisement de la pratique sociale, de l’écologie critique et de la perception, comme mode d’engagement dans des expériences avec le phénomène du vivant. Elle a complété un doctorat en arts visuels à l’Université Concordia à Montréal, dont la thèse et le projet de recherche-création s’intitulent Radicle Assemblages (2019). Andres est également titulaire d’une maitrise interdisciplinaire en études féminines et en art performance réseauté, avec un mémoire intitulé Desiring Machinations of Matertekhnologi (2008) qui lui a valu la médaille d’or du Gouverneur général et une médaille de mérite aux études supérieures de l’Université de Lethbridge. Ses intérêts de recherche actuels incluent les pratiques artistiques écologiques, l’appropriation performative de l’espace public, la planification urbaine et communautaire co-créative, ainsi que les approches expérientielles, féministes, posthumanistes et matérialistes pour des formes de narration multi-espèces. Son travail a récemment été exposé à Sandstone City, The Lougheed House (Calgary), The Garden of Speculations, articule (Montréal), le Centre des arts actuels Skol (Montréal), La Maison des arts de Laval, Video Pool, Actuel Contemporary (Winnipeg), PIKSEL (Bergen, Norvège), les quartiers généraux du Cirque du Soleil (Montréal), et Action Art Actuel (Saint-Jean-sur-Richelieu).

Maude Deslauriers est une artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Tiohtià:ke/Montréal. Elle travaille principalement avec la peinture et le dessin mais s’intéresse aussi au corps en mouvement, à l’écriture et à la vidéo. Elle est influencée par la biologie et la botanique ainsi que l’histoire des sciences naturelles au sein de la culture occidentale. Son travail a été exposé au Canada et aux États-Unis.

Caroline Monnet est une artiste multidisciplinaire de Gatineau basée à Montréal. Après des études en sociologie et en communication à l’Université d’Ottawa (Ontario) et à l’Université de Grenade (Espagne), elle poursuit une carrière en arts visuels et cinéma. Ses œuvres ont été présentée au Palais de Tokyo (Paris) et à la Haus der Kulturen (Berlin), au TIFF, Sundance, Cannes, Aesthetica (UK), Axenéo7 (Gatineau), Arsenal Contemporary NY, Musée des Beaux Arts du Canada et le musée d’art Contemporain de Montréal. En 2016, elle est sélectionnée pour la prestigieuse résidence de la Cinéfondation du Festival de Cannes à Paris. Son travail fait partie de nombreuses collections, dont le Musée des beaux-arts du Québec, la Galerie d’art nationale, RBC Banque Royale et le Musée d’art contemporain de Montréal. Elle faisait récemment partie de la Biennale du Whitney et la Biennale d’art de Toronto 2019.

Né à Wendake, village Huron proche de la ville de Québec, Ludovic Boney grandit et fait sa scolarité dans la capitale provinciale. Au sortir de l’école de sculpture en 2002, il participe à la fondation du Bloc 5 (atelier de production artistique) avec quatre autres artistes. Il y travaille et réalise ses premiers projets d’art public en son nom, mais également en collaboration avec de multiples artistes (sérigraphes, peintres, photographes, architectes et sculpteurs). Boney est également enseignant de sculpture à la Maison des métiers d’art de Québec. Depuis 2015, il est installé à Lévis où il continue d’œuvrer dans des projets d’art public de grande envergure et présente son travail régulièrement en galeries ou dans des centres d’artistes. Il a récemment présenté son travail à la Galerie Michel Guimont (Québec) et au Centre Oboro (Montréal).

Nominé dans la longue liste du Prix Sobey en 2017, il est aussi récipiendaire d’une bourse du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et de la bourse REVEAL offerte par la Fondation Hnatyshyn. Ludovic Boney est actuellement représenté par la Galerie Michel Guimont à Québec.

Commissaire

Geneviève Wallen est une commissaire indépendante et écrivaine basée à Tiohtiá:ke / Montréal. Elle a obtenu un BFA en histoire de l’art à l’Université Concordia (2012) et une maîtrise en critique et pratique de la conservation à l’Université OCAD (2015). La pratique de Wallen est informée par les récits diasporiques, le féminisme intersectionnel, les dialogues intergénérationnels, les futurs alternatifs du BIPOC et les plateformes de guérison. Ses recherches en cours se concentrent sur la notion de longévité en tant que méthodologie de résistance continue et de travail de soin dans les arts. Sa plus récente exposition organisée, Made of Honey, Gold, and Marigold (2020), a été présentée à la Robert McLaughlin Gallery à Oshawa. Wallen a rédigé des essais pour le magazine C et l’anthologie Other Places: Reflections on Media Arts in Canada, édité par Deanna Bowen. Elle est coordinatrice d’exposition à la FOFA Gallery, membre du collectif YTB (Younger than Beyoncé), et co-initiatrice (avec Marsya Maharani) de Souped Up! une série de dîners thématiques conçus pour créer des espaces pour la construction de soins et de soutien parmi les conservateurs du BIPOC et les travailleurs culturels.